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typographie / nom / jeux de mots / temporalité
identitaire
De manière frappante, la vue globale du mur est un enjeu typographique et identitaire. Un bref regard sur le mur focalise l’attention du regardeur sur la diversité des choix typographiques et de graphie personnelle à chaque grapheur, présentant des codes définis et réutilisés par un grand nombre d’artistes. Ils sont personnels et servent pour la plupart d’identité : un grapheur signe par son « blaze » dans sa graphie qui permet une identification rapide.

L’enjeu du grapheur est de dessiner son blaze et de le rendre visible, tout en se cachant, en cachant sa réelle identité. Le défi entre grapheurs est d’imposer une présence dans le milieu urbain, mais aussi de choisir un lieu adapté pour être visible au public, plus le lieu est difficile d’accès, plus le grapheur peut espérer voir son blaze perdurer dans le temps et ne pas être recouvert par une nouveau blaze ou par la ville elle-même qui ne souhaite pas forcément voir cette anarchie typographique se développer.

La présence de l’autoroute A7 introduit un nouveau phénomène typographique identitaire. L’autoroute est parcourue par de nombreux transports utilitaires, alimentaires ou autres entreprises ayant recours à un transport de marchandise ou de service. On parle non pas de « blaze » mais bien d’identité de marque, des institutions connues est installées dans notre société de communication. La récurrence des identités est si forte de par notre habitude à être exposé aux marques, bien installées mais pourtant éphémère dans l’apparition linéaire du quai.

Le graph est unique est personnel, à la manière du peintre en lettre, la graphie de la lettre est unique malgré la volonté d’en produire en quantité. L’identité d’entreprise est officialisée, travaillée au préalable et présentée de manière harmonieuse pour une plus grande unicité.

Pour parler du lieu, la question du point de vue était soulevée : fallait-il parler de l’autoroute A7 ? Du point de vue sur l’A7 ? Ou encore le mur ? Sans approche directe, il est impossible de repérer ce quai ainsi que son mur, la délimitation entre l’autoroute et le Rhône était inexistante, les plans tels que google map ne le répertorient pas. Ce lieu semble oublié mais à la vue de tous, introduisant une contre-culture à s’y emparer occasionnellement.

Première visite au pied du mur : la différence majeure causée par l’approche du mur est le point de vue, il est impossible d’observer la confrontation typographique décrite ci-dessus (avec le plus de recul possible on arrive à observer le haut des camions mais sans présence typographique, on ne fait que les entendre). Les graphs sont bien tracés de manière la plus précise possible mais loin d’être unique, les typographies formelles sont présentes d’une manière différente : des panneaux explicatifs, des mesures sur le quai. De manière plus surprenante, le quai est nommé « quai Mistral » mais d’une manière non conventionnelle / informelle, une plaque d’argile présente, en Mistral, le nom du quai. Quelques péniches ont également choisi d’afficher leur nom sur le mur du quai à l’aide d’une plaque reprenant la fonte choisie pour leur nom qui lui est propre. Une troisième relation typographique apparait : une identité personnelle et anonyme, une identité d’entreprise et encrée dans l’imagerie collective, une identité personnelle et tolérée par l’espace normé. Cette première visite permet également d’observer des signatures à l’intérieur même des blazes, une manière d’appuyer la volonté d’être présent.

Deuxième visite au pied du mur : la fin de journée au pied du mur introduit une relation de point de vue envers les écritures des graphs, on ne peut toujours pas observer les camions, le quai n’a pas évolué, mais un jeu de lisibilité se met en place : il faut être face au graph pour l’observer.

Troisième visite au pied du mur : le temps étant similaire et les graphs inchangés, la notion de point de vue reste présente mais il n’y a pas d’ajouts de graphs.

Quatrième visite au pied du mur : le temps nuageux, et le soleil tombant, les graphs deviennent ternes et se fondent dans le paysage, au contraire le Rhône devient très présent.

Jeu sur la typographie et le rapport à l’identité.

Question de la durée de présence et de vie d’une identité (peut-on parler de séquence temporelle de lecture ?).

Rapport entre une standardisation et une pratique personnelle, visible grâce à une certaine distance, visible de près mais impliquant un nouveau positionnement, un nouveau point de vue et un nouveau rapport au lisible.

Au-delà de la lisibilité, le rapport de la quantité et de la présentation systématisée se présente. On peut parler de saturation et d’appropriation de l’espace. Effet de planche contacte, d’accumulation dans la présentation.

Contraindre la lecture.

Présentation linéaire, entre typographie et art donné à voir en extérieur, connu de tous et/ou par quelques curieux.

Nécessité d’introduire le graph dans un espace scénographique ? Le lieu de présentation se suffit-il à lui-même ?

Langue, langage, moyen d'expression. Faut-il connaitre les codes du graffiti pour réussir à lire ?

Système de compréhension et de lecture. Langage propre au lieu, alphabet, codes signes.

Entre langage montré mais compréhensible aux initiés, et langage en excès de visibilité et pour la plupart compréhensible dans maîtrise des codes de compréhension.

Référence ensemble éditorial sous forme de portfolio de Mathieu Pernot — Dorica Castra

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Recouvrement (surimpression ?) / installation // position permet lisibilité / dépassement des limites / contrainte : déplacement ? manipulation de l’objet ? nécessité d’utiliser un outil ? / rechercher codes et formes types dans le graffiti pour en dégager un système

Sérigraphie en surimpression / manipulation de l’objet, possible déplacement à cause des reflets de l’argenté avec lumière / rédaction codée (système)

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