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plan / photographie / archive
historique
Historiquement, le lieu n’est en rien comparable au territoire actuel, mis à part la présence du Rhône en son contrebas. Le Quai Mistral est aujourd’hui un espace étroit, visité par une faible quantité de personnes, des curieux d’une part, des grapheurs de l’autre. Le seul accès est un passage couvert, car passant sous l’autoroute A7, une voie cyclable est aménagée non loin, permettant une autre possibilité d’accès aux cyclistes. On peut alors parler d’un accès restreint, un lieu particulièrement ouvert mais peu accessibe. Quelques résidents ont accosté leur péniche dans cet espace, entre Rhône et autoroute. Le quai s’étend plus ou moins sur une longueur de 500m, sans la moindre protection de type rambarde ou barrière pour se parer à tout risque de chute. Tout particulièrement exposé au vent, les bruits de l’autoroute A7 résonnent et tendent à devenir assourdissant sous le Pont Mistral. Sans le moindre doute, on parle ici d’un lieu paradoxal, en apparence calme mais loin d’être reposant dans l’accumulation des sons.

Il y a environ 1 siècle, en 1918, la ville de Valence décide de créer un port tout équipé. Il est en dur, et permet les imports et exports de marchandise. Il se voit malheureusement inondé en 1928, les différents événements militaires ont conduits à des restrictions budgétaires, limitant ainsi les aménagements dont le port pourrait être pourvu pour contrer une inondation.

En 1958 le port n’est plus considéré comme rentable. Dans les années 60, l’ensemble des habitants s’accordent à dire que la création d’une autoroute ne pourrait être que profitable à la Ville, surtout après avoir connu l’engouement de la nationale 7. Elle est achevée en 1965. Ce choix est rapidement regretté « L’autoroute a détruit la basse ville », avant 1965 Valence était une étape traditionnelle du parisien ou du lillois parti en vacances, après il n’est plus qu’un lieu de passage, les seuls arrêts sont des bus touristiques remplis d’étrangers pour une nuit tout au plus.

L’autoroute est une rupture entre la ville et le Rhône, les habitants ne peuvent plus profiter de leurs quais, qui ne sont plus aménagés.

Dans le futur, des projets ont été soumis pour permettre de retrouver un accès au Rhône et estomper la rupture radicale qu’est l’autoroute. Une partie couverte serait envisagée pour permettre un accès au quai. Le projet initial voulait un recouvrement total de l’autoroute lors de son passage dans Valence, mais trop onéreux il n’en est retiré que quelques murs anti-bruits.

Pour parler du lieu, la question du point de vue était soulevée : fallait-il parler de l’autoroute A7 ? Du point de vue sur l’A7 ? Ou encore le mur ? Sans approche directe, il est impossible de repérer ce quai ainsi que son mur, la délimitation entre l’autoroute et le Rhône était inexistante, les plans tels que google map ne le répertorient pas. Ce lieu semble oublié mais à la vue de tous, introduisant une contre-culture à s’y emparer occasionnellement.

Première visite au pied du mur : le quai est vide, je suis la seule à le longer et à sembler m’y intéresser. Des détails me sont alors visibles, notamment un phénomène étrange de datation des graphs, comme une volonté de s’inscrire dans l’histoire sur toute la longueur du quai.

Deuxième visite au pied du mur : la jour tombe un vendredi, le temps est agréable et contrairement à ma première visite, la partie cyclable est largement utilisée. Les résidents des péniches sont par contre encore durs à trouver. Le bruit de l’autoroute est par contre accru, la fin de semaine et l’horaire tardive marquent un mouvement de retour et un traffic saturé. Le lieu offre un potentiel non exploité, une impression d’idylle se ressent mais est vite rattrapé par le bruit menaçant de la circulation.

Troisième visite au pied du mur : malgré une visite moins tardive que lors de la deuxième visite, le jour tombe plus vite, les impressions se rapprochent de la deuxième visite, mis à part l’ajout de vent et donc d’écho plus fort de l’autoroute.

Quatrième visite au pied du mur : le ciel est couvert, le vent est présent, même impression de vacarme et de déception face à l’inactivité du quai.

Récit historique, regroupement de documentation d'archive et actuelle : état des lieux du territoire.

Redonner un intérêt à ce lieu visible/invisible, oublié mais présent.

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ajout / disparition

plier / déplier

recomposition / assemblage

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